BLOG: Environnement, pauvreté: même combat !

 

Ce sont les pauvres qui souffrent davantage des plus graves effets de toutes les agressions environnementales
Pape François (Laudato Si’, 48)

 

« Laudato Si’ », « Loué sois-tu ». Sous ses apparences bucoliques, notre pape vient d’adopter, avec sa première encyclique, une position d’une force inouïe, au point qu’un intervenant sur la chaîne américaine à large audience « Fox News » vient de le déclarer « L’homme le plus dangereux de la planète ».

Son crime ? Avoir osé dépasser les divisions abstraites de nos esprits occidentaux en tentant une synthèse magistrale entre les approches scientifique, sociale, éthique et spirituelle, ce qu’il qualifie d’« écologie intégrale » : le défi environnemental est, en effet, également un défi social, dans la mesure où ce sont, dans une large mesure, les mêmes décisions qui favoriseront une évolution à la fois plus juste et plus respectueuse de l’environnement. Il s’agit également d’un défi éthique et spirituel, notamment parce que « La science et la technologie ne sont pas neutres » (LS, 114).

Témoins de cette approche, des thèmes transversaux : la « maison commune » (LS, 13), qui nous fait prendre conscience que les déséquilibres environnementaux et sociaux affectent tout le monde, même si les formes et l’intensité diffèrent ; la « culture du déchet, qui affecte aussi bien les personnes que les choses » (LS, 21) et le pousse à remarquer que même si

Les exclus […] sont présents dans les débats politiques et économiques internationaux, […] il semble souvent que leurs problèmes se posent comme un appendice, comme une question qui s’ajoute presque par obligation ou de manière marginale, quand on ne les considère pas comme un pur dommage collatéral. De fait, au moment de l’action concrète, ils sont relégués fréquemment à la dernière place (LS, 49)

Le pape revient également, dans cette encyclique, sur un thème qui lui est cher, et qu’il avait déjà abordé dans son exhortation apostolique « Evangelii Gaudium », celui de l’humanisation des villes :

Comme elles sont belles les villes qui dépassent la méfiance malsaine et intègrent ceux qui sont différents, et qui font de cette intégration un nouveau facteur de développement ! (EG, 210).

Presque simultanément paraissaient, dans notre pays, les résultats d’une étude interuniversitaire « Analyse dynamique des quartiers en difficulté », étude commanditée par le Service Public de Programmation « Intégration sociale ».

Cette étude analyse l’évolution des quartiers dans 17 villes belges au regard d’une série d’indices socio-économiques, et conclut à la constatation de la persistance de formes importantes de ségrégation. Ces initiatives ont incité Caritas en Belgique à adopter, pour sa prochaine journée de rencontre et d’échange qui se tiendra à Leuven, le 17 décembre, le thème « Comme elles seraient belles, nos villes ! ». Tous nos partenaires y seront les bienvenus.

 

Patrick De Bucquois
Secrétaire général de Caritas catholica en Belgique francophone et germanophone
3/7/2015